Consigne de Martine:
Exercice en 2 parties. Première partie:
- Sélectionne une femme, une femme que tu connais un peu seulement : par exemple la revendeuse de tomates, la monitrice de fitness…
- Fais-en le portrait en la situant dans le contexte dans lequel tu la vois (voyais) habituellement. On doit pouvoir se la représenter, s’en faire une idée, mais il ne faut pas raconter sa vie (que tu ne connais pas). Juste en faire un portrait, un peu comme dans un film, la 1ère fois que le personnage apparaît alors qu’on ne sait encore rien de lui.
Intermède
Connais-tu l’émission Britains got talent ? Il y a plusieurs années, une participante a fait un tabac. Elle s’appelait Susan Boyle. En fait, Susan a l’apparence d’une ménagère d’âge moyen, un peu enrobée, avec des frisettes absolument affreuses, une robe complètement démodée et un visage de paysanne un peu rougeaud. Tout le monde, jury et public, se moque déjà intérieurement de ce qu’elle va produire lorsqu’elle arrive sur scène. En fait, elle a une très belle voix. Elle va épater tout le monde et ils se sentiront un peu honteux de s’être basé sur son apparence pour la juger.
Consigne 2ème partie : de l’autre côté du miroir
Partant de cette constatation qu’on a tendance à tirer des conclusions en se basant sur l’apparence des gens, je te propose cette fois de montrer l’envers du décor, l’autre face de ton personnage. Présente ce qu’elle cache et qu’elle ne révèle qu’une fois passée la porte de sa maison, ou ailleurs, en mieux ou en pire. P. ex. vendeuse de tomates chanteuse d’opéra.
La belle Lo.
Waw, une grande blonde voluptueuse. C’est la première pensée qui te traverse quand Laurence s’approche, Lo pour les intimes. Son parfum sucré aux notes florales t’enveloppe, une signature qui s’imprime dans la mémoire.
Ses cheveux blonds, longs et volumineux, tombent en cascade jusqu’au milieu du dos, une crinière qui ajoute à sa stature déjà impressionnante. Plus d’un mètre quatre-vingts : il faut lever les yeux pour l’admirer et on est ébloui par son aura.
Sa taille fine se dessine sous des tenues romantiques, qui rappellent la grâce d’une patineuse. Une poitrine généreuse ajoute à son charme une sensualité assumée. Et puis ses magnifiques yeux bleus laissent apercevoir une âme douce et chaleureuse. C’est une bombe.
Et quand elle te sourit, ton cœur s’arrête.
Mais aujourd’hui, son sourire n’atteint pas ses yeux. Laurence a les traits tirés, elle parait épuisée. Elle traverse une épreuve immense. Elle a décidé de quitter son mari. La décision la plus douloureuse de sa vie. Elle le fait par amour et respect d’elle-même… et pour lui aussi. Parce qu’elle sait qu’en restant, elle s’éteint. Et qu’en partant, elle lui donne une chance de se réveiller.
Elle a trouvé refuge dans un appartement vide qu’on lui prête. Elle repeint les murs le soir, pour occuper ses pensées. Pour se créer un nid provisoire, juste pour quelques mois. Oui, juste quelques mois. Elle ne veut pas quitter son Benoît. Elle l’aime trop. Mais il a besoin d’un électrochoc. Depuis bientôt 3 ans, ce n’est plus son Benoît qui partage son toit, mais son ombre grise.
Son mari, son compagnon depuis 10 ans, a perdu sa maman d’un cancer il y a 3 ans. Depuis ça ne va plus. Le deuil l’a englouti, et elle comprend. Mais il ne fait rien pour aller mieux. Il s’éloigne de plus en plus, lui ferme son cœur et s’isole du monde. Il déprime sans le savoir, refuse l’aide qu’il croit inutile. Et elle a tout tenté : consoler, crier, s’éloigner, ignorer. Rien n’y fait. Elle marche sur des œufs, encaisse les reproches, et le positif a disparu. Il ne réalise pas que son cas s’aggrave et qu’il a besoin d’aide.
Alors elle part. Comme on déplace un dernier pion sur l’échiquier de leur histoire. Pas pour un échec et mat, mais pour sauver la partie. Elle veut le retrouver, pas le perdre, il lui manque tant. Elle pleure, des nuits entières, elle est si triste. Elle se sent amputée. Elle laisse derrière elle sa belle maison et surtout ses animaux qui lui offrent tant de réconfort.
Ce matin, la belle Lo paraît éteinte. Mais au fond de ses yeux tristes, il y a une flamme. Celle de l’amour et de l’instinct de protection. Elle sait qu’en partant, elle lui montre un amour géant. Car elle veut qu’il se réveille. Pour lui. Pour eux. Parce qu’elle l’aime, son Benoît. Et qu’elle rêve, un jour, de retourner dans ses bras.

