Waw, une grande blonde voluptueuse. C’est la première pensée qui te traverse quand Laurence s’approche, Lo pour les intimes. Son parfum sucré aux notes florales t’enveloppe, une signature qui s’imprime dans la mémoire.
Ses cheveux blonds, longs et volumineux, tombent en cascade jusqu’au milieu du dos, une crinière qui ajoute à sa stature déjà impressionnante. Plus d’un mètre quatre-vingts : il faut lever les yeux pour l’admirer et on est ébloui par son aura.
Sa taille fine se dessine sous des tenues romantiques, qui rappellent la grâce d’une patineuse. Une poitrine généreuse ajoute à son charme une sensualité assumée. Et puis ses magnifiques yeux bleus laissent apercevoir une âme douce et chaleureuse. C’est une bombe.
Et quand elle te sourit, ton cœur s’arrête.
Mais aujourd’hui, son sourire n’atteint pas ses yeux. Laurence a les traits tirés, elle parait épuisée. Elle traverse une épreuve immense. Elle a décidé de quitter son mari. La décision la plus douloureuse de sa vie. Elle le fait par amour et respect d’elle-même… et pour lui aussi. Parce qu’elle sait qu’en restant, elle s’éteint. Et qu’en partant, elle lui donne une chance de se réveiller.
Elle a trouvé refuge dans un appartement vide qu’on lui prête. Elle repeint les murs le soir, pour occuper ses pensées. Pour se créer un nid provisoire, juste pour quelques mois. Oui, juste quelques mois. Elle ne veut pas quitter son Benoît. Elle l’aime trop. Mais il a besoin d’un électrochoc. Depuis bientôt 3 ans, ce n’est plus son Benoît qui partage son toit, mais son ombre grise.
Son mari, son compagnon depuis 10 ans, a perdu sa maman d’un cancer il y a 3 ans. Depuis ça ne va plus. Le deuil l’a englouti, et elle comprend. Mais il ne fait rien pour aller mieux. Il s’éloigne de plus en plus, lui ferme son cœur et s’isole du monde. Il déprime sans le savoir, refuse l’aide qu’il croit inutile. Et elle a tout tenté : consoler, crier, s’éloigner, ignorer. Rien n’y fait. Elle marche sur des œufs, encaisse les reproches, et le positif a disparu. Il ne réalise pas que son cas s’aggrave et qu’il a besoin d’aide.
Alors elle part. Comme on déplace un dernier pion sur l’échiquier de leur histoire. Pas pour un échec et mat, mais pour sauver la partie. Elle veut le retrouver, pas le perdre, il lui manque tant. Elle pleure, des nuits entières, elle est si triste. Elle se sent amputée. Elle laisse derrière elle sa belle maison et surtout ses animaux qui lui offrent tant de réconfort.
Ce matin, la belle Lo paraît éteinte. Mais au fond de ses yeux tristes, il y a une flamme. Celle de l’amour et de l’instinct de protection. Elle sait qu’en partant, elle lui montre un amour géant. Car elle veut qu’il se réveille. Pour lui. Pour eux. Parce qu’elle l’aime, son Benoît. Et qu’elle rêve, un jour, de retourner dans ses bras.

