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Si j’étais…

Consigne de Martine:

 Langage poétique

On va s’inspirer d’un jeu très ancien : Le portrait chinois.

Dans mon enfance, c’était un jeu de question-réponse. A la question SI TU ETAIS, p. ex. UNE COULEUR, il fallait répondre par JE SERAIS et choisir une couleur, etc. très vite. Dans sa variante écrite, le jeu s’étoffe des réponses qui peuvent prendre 2 lignes, comme 2 paragraphes, ou 2 pages.

Je te propose ici une variante autobiographique. Tu vas répondre aux 4 questions ci-dessous pour la variante autobiographique:

  • si j’étais l’eau, je serais
  • si j’étais le feu, je serais
  • si j’étais l’air, je serais
  • si j’étais la terre, je serais

Mais tu peux aussi choisir de faire le portrait chinois d’une des femmes de ta liste. Les questions se transforment alors en SI TU ETAIS L’EAU, TU SERAIS… Et le portrait que tu vas créer reflètera ta vision poétique et symbolique de cette personne.

Je te propose de créer 4 strophes de même longueur, rimes non obligatoires, chacune dédiée à un élément, le tout formant un poème. Mais si tu préfères, tu peux choisir de répondre par quatre petits textes auquel tu essayeras de donner une saveur poétique par le choix du vocabulaire, les images évoquées et le rythme.

Si j’étais…

Si j’étais l’eau, je serais pétillante. 

Libre et légère, un peu effervescente. Si tu me laisses suivre mon courant, je fais ce que je veux, ce qui m’émeut vraiment. Je me faufile, j’invente, je crée.

Je glisse entre les formes, je m’adapte aux marées. Comme l’eau, je prends la couleur des lieux. Je m’accorde aux êtres, aux arts, aux vents capricieux. J’apporte de la fraîcheur, et c’est charmant. J’ai mille talents, sans y exceller totalement. Et si tu goûtes à mon univers, tu éclateras en une bulle de lumière.

 

Si j’étais le feu, je serais feu de brousse. 

Grand, rapide, incontrôlé. Balayant les mauvaises herbes des prés pour offrir une terre fertile, prête à se renouveler. De mon souffle je caresserais les animaux, leur murmurant que leur territoire est pris, qu’ils reviendraient avec la pluie. 

Je suis sauvage et violent, avec un rôle important. La nature me confie une mission que mes flammes accomplissent sans hésitation. Ne t’approche pas trop près, tu risquerais de te brûler. Mais prends le temps de m’admirer, car je ne fais que passer.

 

Si j’étais l’air, je serais marin. 

Doux mais salé, caressant ta peau, glissant sur ton visage, t’apportant des rivages les odeurs des flots. Tu rirais aux éclats de mes blagues, portées jusqu’à toi dans l’écho des vagues, effaçant tes maux par la douceur de mes mots. 

Face à l’horizon de l’océan, je m’engouffrerais dans la baie, te déstabilisant, t’invitant à décoller. Sur un courant chaud, tu t’élèverais comme les oiseaux, poussant un cri libérateur, inspirant les oiseaux migrateurs. Tu aurais besoin de moi, je serais ton compagnon, car en traversant tes poumons, je t’inspirerais un souffle doux et bon.

 

Si j’étais la terre, je serais une île. 

Isolée et fertile. Ceinte de flots téméraires où seuls les audacieux oseraient s’aventurer. Grande et colorée, je serais un havre de paix, offrant des récoltes de fruits frais, un festin dont se délecter. Dans mon écrin, je suis un diamant brut que l’on craint et désire tailler, alors que je suis déjà belle, douce et charmante, sans ombre ni mal qui me hante. 

Les oiseaux y chanteraient des airs joyeux, tandis que les chats se prélasseraient heureux. À la cime de mon sommet, dormirait un volcan en secret. Et mes sources intarissables offriraient eaux fraîches à mes amis, les loutres et les canaris. Innocents dans cet Eden, ses hôtes n’ont jamais de peine. Je suis une terre à découvrir, mais gare aux idées arrêtées : une fois explorée, tu voudras toujours y retourner.

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