Ça y est, j’ai les clés. Les clés de mon chez-moi. Après trois années passées à voyager, à vivre entre deux valises et des logements de passage, je pousse enfin la porte d’un endroit qui m’appartient.
J’ai adoré cette vie nomade. Elle m’a offert de la liberté, des découvertes et des rencontres. Pourtant, je ressens aujourd’hui un besoin nouveau : celui de m’ancrer quelque part. J’ai envie de déposer mes affaires sans penser au prochain départ, de voir mes plantes grandir sur le même rebord de fenêtre, de construire des habitudes et des souvenirs entre ces murs.
Cet appartement est une page blanche. À moi d’y écrire une histoire. J’ai devant moi un canevas vierge sur lequel peindre les couleurs du quotidien que je m’apprête à construire, les habitudes que je vais inventer et les souvenirs que je vais créer.
Le déménagement fut éprouvant, certes, mais étonnamment rapide. En une matinée, tout était chargé ; l’après-midi, tout était déjà déchargé. J’ai eu la chance d’être aidée par mes deux meilleures amies, vraiment les meilleures, ainsi que par mon père.
Puis le calme. Le soir après un déménagement c’est vraiment trop bizarre. Un silence étrange s’installe. Je me retrouve seule dans un lieu encore inconnu. Chaque craquement semble étranger, chaque ombre dessine une forme nouvelle sur les murs. Mon chat a l’air perdu et marque son territoire aux quatre coins du logement. Et surtout je démarre dans un espace vide. Je n’ai qu’un lit et une table avec quatre chaises. Je démarre de zéro, et le vide créé de l’écho. C’est un vrai nouveau point de départ.
La première nuit est spéciale, je regarde le plafond un peu perplexe. Je ne dors pas tout de suite sur mes deux oreilles. Pendant plusieurs nuits, je me suis réveillée au moindre bruit. Il faut du temps pour qu’un logement devienne un vrai cocon, un refuge. A présent, pourtant, je dors comme un bébé, avec mon chat lové au creux de mes bras.
Attention, lors d’un emménagement, il faut toujours nettoyer énergétiquement le nouvel espace de ses anciens occupants. Je ne sais pas si cela sert vraiment, mais au cas où, je fais fumer de l’encens et purifie ma maison avec de la sauge. Je fais circuler la fumée dans chaque pièce en formulant silencieusement mes vœux : du bonheur, de la douceur, de belles rencontres et suffisamment de sérénité et sécurité pour me sentir pleinement chez moi. Je pense que c’est toujours important de mettre des intentions, les envoyer dans l’univers et s’engager personnellement à contribuer à leur réalisation.
Ce qui est génial quand on a pas de meubles c’est qu’on peut s’inventer un nouvel espace agréable mais original. Ma seule restriction est mon budget et la taille des pièces.
Je n’ai pas de cadre de lit, pas de rangement dans la salle de bain, une penderie minuscule et un mini-frigo où je peux stocker que le strict nécessaire. J’ai tout de même une table et quatre chaises pour pouvoir m’asseoir et écrire. Primordial.
Puisque tout reste à construire, pourquoi ne pas rêver un peu ? J’aimerais un lit-trampoline à la place d’un sommier classique, des tables de nuit design et un réveil solaire qui imite l’aube pour me réveiller en douceur. Une grande penderie pour avoir un dressing de star. Mettre des bougies et des coquillages dans toute ma salle de bain. Pour une belle ambiance feutrée lors de mes détentes aquatiques dans le bain.
J’ai déjà mis mes cadres aux murs, c’était une de mes priorités pour me sentir chez moi. Mais je pourrais peindre un mur en rose orange, dans le salon sûrement. Avoir un canapé hyper moelleux, d’une couleur vive et dynamique, avec des coussins à foison.
Mon père est passé à l’improviste l’autre jour pour m’offrir une magnifique plante géante, un alocasia, communément appelé oreilles d’éléphants. Cette plante transforme déjà le salon. Avec ses immenses feuilles, elle lui donne des airs de forêt tropicale. Elle m’a inspirée l’envie d’y installer toute une jungle intérieure, comme un petit coin de nature au cœur de la maison.
La cuisine sera équipée de tous les appareils ménagers dernier cri, robots, percolateur, airfryer et autre thermomix. Je n’aime pas trop cuisiner et je suis loin d’être une cuisinière hors pair. Je fais de mon mieux et si je peux gagner du temps et de l’efficacité pour mes petits plats et dîners, je le fais. J’aimerais que toutes mes machines soient blanches pour aller avec le style de la maison. Idéalement j’aurais voulu en rose, mais c’est malheureusement introuvable. Par contre j’ai la chance d’avoir un mixeur rose et ça c’est génial.
Il me faudrait un super grand frigo américain aussi, pour avoir de l’eau fraîche et y afficher ma collection d’aimants. En effet, je demande à tous mes amis de me rapporter un aimant de leurs voyages. J’aime l’idée qu’ils pensent à moi pendant leurs aventures et qu’une petite partie du monde vienne se poser sur mon frigo. Même si, ironiquement, ils ont probablement tous été fabriqués en Chine.
Je suis une voyageuse et cela se voit dans ma maison. Il y a des peintures africaines, des décorations du sud: France et Espagne. J’ai aussi des pots colorés, des boîtes en bois et des bougies partout. Que des décorations colorées et cocasses. J’aime que ce soit hétéroclite et que chaque pièce ait un souvenir associé.
Ma table de salon sera amovible, pour pouvoir rapprocher l’apéro du canapé, un peu de fainéantise bien organisée. Un plaid jaune moutarde et un autre aux motifs bariolés pour accompagner les coussins colorés du canapé. À nos pieds, un grand tapis rose et moelleux. et surtout, un magnifique miroir soleil sur le mur au-dessus du fauteuil, prêt à rayonner.
Dans l’entrée, j’aurai un paillasson accueillant orné d’une phrase amusante. Derrière la porte, le regard s’ouvrira sur le jardin : un salon d’extérieur pour recevoir mes amis, une grande table rose pour les barbecues improvisés et, sous le préau, un jacuzzi où se réchauffer lors des soirées étoilées.
Enfin, mon nid sentira bon les fleurs et la fragrance de l’été grâce à des diffuseurs de bonnes odeurs. J’aime quand on me dit, ça sent chez toi et la décoration te ressemble. Un jour mon amie m’a dit que mon espace était le fruit de ma personnalité et que cela se voyait et j’ai adoré ce compliment.
Il ne reste plus qu’à faire du shopping. Je suis particulièrement curieuse de découvrir où l’on trouve un sommier-trampoline… Cet appartement est encore inachevé, mais je l’aime déjà. Chaque objet, chaque plante, chaque souvenir rapporté d’ailleurs viendra compléter cette œuvre en construction qu’est mon foyer. Et j’ai hâte d’y vivre tous les moments délicieux tant espérés.

