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Je suis une femme formidable

Je suis une femme formidable.
Enfin, ce matin en tout cas.
Après, tout dépend de la météo, du taux de caféine dans mon sang, d’un souvenir vieux de quinze ans ou du trafic sur la route du bureau.
À 07h31, je peux envisager de changer le monde.
À 07h33, vider le lave-vaisselle me paraît relever de l’alpinisme de haut niveau.
Comme on dit, femme varie. Moi, je varie un peu trop vite, et cela m’épuise. J’ai parfois l’impression de changer de version plusieurs fois par jour.
Les autres ont l’air si constants. J’envie leur stabilité, leur capacité à avancer tout droit sans se laisser détourner par chaque émotion, chaque souvenir ou chaque contrariété.
On me répète pourtant que ce n’est qu’une illusion. Que tout le monde lutte en silence contre ses démons, ses soucis, ses pépins ou ses crises.
Mais moi, je ne vois que les sourires. Je ne vois que des vies qui paraissent simples et solides, quand la mienne oscille sans cesse entre élan et épuisement.

Je suis une femme solaire.
Quand je rentre dans une pièce, je l’illumine.
J’ai toujours l’air de bonne humeur. En tout cas aujourd’hui. Je lance mon traditionnel : « Bonjour tout le monde ! » avec enthousiasme.
Je suis heureuse de retrouver mes collègues, ma routine, ce lieu où me rendre chaque matin. Un endroit calme où je peux déposer le désordre de mes pensées et les concentrer sur un sujet.
Je suis quelqu’un de sympathique. J’ai toujours une blague en réserve pour arracher un sourire à mon entourage. Je suis d’ailleurs un excellent public : les anecdotes les plus banales de mes collègues me font souvent rire de bon cœur.
Je ne brille pas par ma discrétion, j’en impose. On sait quand je suis là. On sait aussi quand quelque chose ne va pas, même lorsque je fais de mon mieux pour le cacher.
Car il m’arrive souvent de m’éteindre un instant.
J’ai parfois mal au cœur. Pour moi, pour les autres, pour le monde entier. Je prends trop de recul quand je devrais simplement savourer les petits bonheurs du quotidien.
Alors je souris.
Et la plupart du temps, personne ne remarque que derrière le soleil passent aussi quelques nuages.

Je suis une femme sensuelle.
J’aime me faire belle. Ce matin encore, je me suis maquillée avec soin et j’ai choisi l’une de mes fameuses tenues créatives. J’aime les couleurs qui osent exister : le rouge, l’orange, le vert. J’aime les bijoux, les parfums, les détails qui racontent quelque chose de moi avant même que je ne prenne la parole.
J’aime aussi les hommes. Leur plaire. Les séduire.
J’aime surprendre un regard qui s’attarde, me sentir belle et désirable. J’aime tout autant les impressionner par mon indépendance, ma répartie ou mes mots d’esprit.
Célibataire endurcie, leur présence me manque parfois. Leurs attentions, leur tendresse, la complicité du quotidien.
Pourtant, ils me font peur.
Certains m’ont blessée, quittée ou déçue. Alors ma confiance s’est effritée avec les années. Je me méfie de la gent masculine autant qu’elle m’attire. Je les trouve fascinants, mystérieux, parfois déroutants.
Je suis toujours à la recherche de cet homme qui serait à la fois prince charmant, ami et amant. Mais je ne l’ai pas encore croisé sur le chemin répétitif de mes journées. Boulot, maison, gym. Boulot, maison, copines. Boulot, maison, cuisine.
Alors j’espère encore.
J’essaie de voir le verre à moitié plein. Je sais que j’ai beaucoup à offrir et j’aime croire qu’un jour, quelque part, quelqu’un saura reconnaître cette richesse et la partager.
En attendant, je vis seule.
Avec cette solitude que je redoute certains jours et que je chéris les autres. Une compagne silencieuse dont je ne sais toujours pas si elle me protège ou me prive.

Je suis une femme créative.
Mes armoires débordent de projets inachevés, de fournitures, de gadgets achetés avec enthousiasme et abandonnés avec les meilleures intentions du monde.
Je suis peintre, écrivaine, lectrice, coloriste, couturière, cuisinière, danseuse, sportive, yogi. Parfois même experte dans l’art de ne rien faire.
Tout m’intéresse. Tout me donne envie. Chaque nouvelle passion ressemble à l’idée du siècle avant d’aller rejoindre les précédentes sur une étagère.
Certains jours, mon plus grand accomplissement consiste simplement à répondre à ce mail avant que mon délai de réponse ne devienne socialement inquiétant.
Malgré mon enthousiasme, je procrastine beaucoup. Non par paresse, mais par peur. Peur de l’échec, bien sûr. Peur du succès aussi, curieusement.
Alors je repousse. J’attends. Je tourne autour de la tâche. Puis soudain, il ne me reste plus que cinq minutes.
C’est généralement à ce moment-là que je deviens extraordinairement efficace.
En quelques instants fébriles, j’abats le travail d’une journée entière. À 16 h 30 commence souvent le plus grand sprint de ma journée : je tacle mes tâches les unes après les autres avec l’énergie du désespoir et l’efficacité d’une personne acculée.
Également chaotique, ma maison est à mon image, colorée et chaleureuse.  Le vieux rose et l’orange s’y disputent les murs, les coussins et les objets décoratifs.
On y trouve des peintures, des sculptures, des curiosités dénichées au hasard de mes envies, ainsi qu’une collection de plantes déshydratées, les pauvres.

Je suis une femme drôle.
J’adore les calembours et les jeux de mots. Faire sourire mes proches me remplit de joie, surtout lorsque la blague est particulièrement bien trouvée.
Pour moi, l’humour est une forme d’intelligence. Une preuve de vivacité d’esprit, de créativité, de sens de l’observation. Et, je l’avoue, j’aime me croire un peu futée.
J’ai aussi un faible pour l’humour noir. Il me permet de regarder les difficultés en face sans leur accorder le pouvoir de m’écraser.
J’ai connu ma part de tragédies, alors j’ai appris à rire là où d’autres pleurent. Parfois cela choque. Souvent cela surprend. Mais c’est ma façon de reprendre l’avantage.
Je tourne mes blessures en dérision pour les rendre plus légères. Je réduis les drames en anecdotes. Je transforme les cicatrices en jeux de mots.
J’utilise le sarcasme comme un bouclier. Les traits d’esprit comme une arme de pointe. Même dans la noirceur, j’aime rester vive.
Ce matin pourtant, rien ne me vient. Aucun bon mot à l’horizon.
Mais je suis prête à parier que d’ici la pause de midi, j’aurai réussi à décrocher un grand sourire à ma collègue préférée.
Après tout, la faire rire est mon passe-temps préféré.

Je suis une femme énergique.
Je déborde de vitalité, parfois ça se retourne contre moi. Je veux tout faire mais je suis limitée par mon humanitude. Mes nerfs ne sont pas à la hauteur de mes ambitions.
Alors j’essaie de prendre soin de mon énergie. Je la cultive comme d’autres entretiennent un jardin. Des légumes, des fruits, du poisson, du riz. Rien de très glamour, mais du carburant de qualité.
Je suis épicurienne et j’adore manger. Un bon repas nourrit autant mon moral que mon corps. À mon grand regret, cela ne fait pas de moi une grande cuisinière. Je maîtrise toutefois une poignée de recettes que je prépare si souvent qu’elles sont devenues mes spécialités.
Ce matin d’ailleurs, j’ai failli oublier mon lunch. J’ai dû sortir de ma voiture et courir jusqu’au frigo récupérer ma gamelle. Après avoir passé toute la soirée à cuisiner mon fameux riz-tatouille, l’abandonner aurait été un véritable drame.
J’accorde beaucoup d’importance à ce que je mange. Commander un sandwich à midi reste pour moi l’exception plutôt que la règle.
En observant mes collègues, je vois quelqu’un survivre exclusivement à base de pâtes, de pizzas et de café, l’envie me démange de lui donner un fruit, des vitamines pour l’aider. Mais ce n’est pas ma responsabilité.
Tout le monde ne demande pas mon aide.
C’est une leçon que j’apprends encore. J’ai tendance à vouloir résoudre les problèmes des autres avant même qu’ils aient reconnu leur existence. Alors je m’efforce de rester dans mon pré carré et de garder mes conseils pour les occasions où ils sont réellement sollicités.
Ce qui ne m’empêche pas de distribuer généreusement mes recommandations lorsque l’occasion se présente.
Les appliquer à moi-même, en revanche, est une tout autre histoire.

Je suis une femme d’action.
Je bouge. J’agis. Je décide.
Je suis spontanée. Certains diraient impulsive. D’autres parleraient de précipitation. Moi, j’appelle cela avancer.
Pour être honnête, les meilleures décisions de ma vie ont souvent été prises sur un coup de tête. Les voyages improvisés, les opportunités saisies sans plan de secours, les changements de direction que personne n’avait vus venir.
Bon, il y a aussi eu ce tatouage sur la fesse. Personne n’est parfait.
J’agis souvent avant de réfléchir. Ou plutôt, je réfléchis en agissant. Mes émotions participent activement à la prise de décision, ce qui est autant une qualité qu’un défaut.
Elles me donnent du courage lorsque d’autres hésitent, mais elles peuvent aussi brouiller mon jugement. Il m’est arrivé de perdre le contrôle, de laisser mes émotions prendre toute la place, parfois au mauvais moment, notamment dans le cadre professionnel.
J’apprends donc, lentement, à faire la part des choses. À distinguer ce qui appartient au travail de ce qui appartient à ma vie privée. À ne pas emporter mes tempêtes partout avec moi.
C’est aussi pour cela que je fais du sport, je me défoule.
J’aime me dire que mon corps reflète mon esprit. Je veux que les deux soient puissant et souple, alors je m’étire, je me muscle, je fais battre mon coeur, je transpire avec ardeur.
Mais le sport m’apporte surtout autre chose : le silence.
Après une journée passée dans mes pensées, il me permet de redescendre dans la matière. De quitter les ruminations pour retrouver la respiration, les muscles, les sensations, le corps.
J’aime me sentir ancrée. Forte. Présente. Relever des défis.
Chaque jour, j’essaie de revenir au corps. Après tout, c’est lui qui porte mon esprit partout où il veut aller. Le minimum est donc d’en prendre soin.
J’aime aussi marcher.
Marcher me vide la tête mieux que n’importe quelle réflexion. C’est un mouvement simple, presque ancestral. Un pas, puis un autre.
Alors, comme chaque midi, je pars pour ma promenade. Trois kilomètres en trente minutes. Juste assez pour faire battre mon cœur, remettre mes idées en ordre et me préparer à affronter le reste de la journée.

Je suis une femme épanouie.
Ma vie est remplie de passions, de projets et d’ami·e·s inspirant·e·s. J’ai la chance d’être entourée de personnes que j’aime et qui nourrissent ma curiosité. Alors j’écris.
Écrire, c’est mon métier.
J’écris des mails, des articles, des rapports, des briefings. Je rédige, je corrige, je traduis. Multilingue, je suis une femme de mots.
De maux aussi, parfois.
Je passe une bonne partie de mon temps à négocier avec moi-même. Mes envies, mon énergie, mes émotions, mes ruminations. J’aimerais poser plus de limites, aux autres bien sûr, mais surtout à moi-même.
J’ai tendance à partir dans tous les sens. À me vexer trop vite. À culpabiliser trop longtemps. À remettre en question ce qui ne mérite parfois même pas une seconde de réflexion.
L’autre jour, une collègue m’a lancé une remarque maladroite. Rien de méchant. Rien d’intentionnel. Pourtant, je l’ai portée avec moi toute la journée, au lieu de simplement hausser les épaules.
Certains sujets touchent plus juste que d’autres.
Les relations humaines occupent une place immense dans ma vie. C’est sans doute pour cela que ma relation avec ma manager compte autant pour moi.
Et sur ce point, je me sens chanceuse.
Je travaille avec quelqu’un de sain, de mature et de bienveillant, qui me fait confiance et me permet de donner le meilleur de moi-même. Même lorsque je procrastine. Ce qui arrive tout de même avec une régularité déconcertante.
J’ai rendez-vous avec elle dans une heure. Ce matin, j’ai pris le temps de préparer mes notes pour ne rien oublier. Mes avancées, mes blocages, mes idées, mes questions.
Surtout mes questions.
Car ce que j’aime par-dessus tout, c’est avancer. Comprendre. Construire. Participer à des projets qui ont du sens.
Finalement, être épanouie ne signifie pas être sereine en permanence.
C’est peut-être simplement avoir trouvé suffisamment de raisons de continuer à avancer malgré tout le bruit qui règne parfois dans ma tête.

Je suis une femme triste
La journée touche à sa fin et l’énergie retombe doucement. Il est l’heure de reprendre la route et je me retrouve seule dans ma voiture.
La solitude est à la fois une épreuve et une bénédiction. Depuis des années, je vis avec cette étrange ambivalence.
J’aime ma liberté, mon indépendance, le silence de mon appartement et l’espace qu’il laisse à mes pensées. Mais j’aimerais parfois avoir quelqu’un à qui raconter ma journée. Quelqu’un avec qui construire des projets, organiser des escapades, partager les repas ou simplement traverser le quotidien.
Alors, certains soirs, la tristesse s’invite.
Je pense à tout ce que j’imaginais pour moi lorsque j’étais plus jeune et que je n’ai pas atteint. À ce monde d’adultes qui me semblait autrefois si prometteur et dont les rouages me paraissent parfois absurdes. Au travail, aux contraintes, aux attentes. À l’amour aussi. Car il est possible de souffrir de la solitude, mais il est tout aussi possible de se sentir seul à deux.
C’est souvent à ce moment-là que je me tourne vers le sport.
Je quitte ma tête pour retrouver mon corps. Je cours, je marche, je transpire. J’essaie de sortir de la mélancolie, de prendre de la distance avec mes idées noires, de faire taire ce flot incessant de pensées qui peut devenir mon pire ennemi.
Je porte aussi une tristesse plus ancienne.
Celle de la petite fille qui a grandi dans une famille dysfonctionnelle. Celle de l’adolescente submergée par ses émotions et les garçons. Celle de la jeune femme qui a traversé la séparation de ses parents en héritant de problèmes qui n’auraient jamais dû être les siens.
Et puis il y a la trentenaire que je suis devenue.
Plus sage. Plus solide. Plus réaliste aussi.
Une femme qui rêve encore malgré les déceptions. Qui continue d’essayer malgré les échecs. Qui avance, même lorsqu’elle a l’impression de faire du sur-place.
Alors je pleure parfois.
Dans ma voiture, sur une chanson un peu trop triste. Ou dans les bras d’une amie qui me connaît suffisamment bien pour comprendre ce que je n’arrive pas toujours à dire.
Puis je rentre chez moi. Car demain sera plus doux.

Je suis une femme en colère
Je râle. Je peste. Je fulmine.
Certains jours, j’ai l’impression de passer ma vie à me cogner contre des murs invisibles. Je ne comprends pas pourquoi tout semble si compliqué. Pourquoi tant de choses simples demandent autant d’efforts.
Nous vivons dans une société où l’on culpabilise pour tout. On travaille trop ou pas assez. On est trop ambitieux ou pas suffisamment motivé. Trop sensible. Trop exigeant. Pas assez performant. Pas assez reconnaissant.
Quoi que l’on fasse, cela ne semble jamais suffire.
Alors on pédale.
On pédale pour être meilleur, plus heureux, plus organisé, plus sain, plus productif. Mais parfois j’ai l’impression de pédaler dans de la semoule. Dès que je sors un peu la tête de l’eau, une nouvelle difficulté surgit et me replonge sous la surface.
Et certains soirs, j’en ai assez.
J’en veux à tout le monde. Au système. Aux circonstances. Aux injustices. À la vie qui distribue parfois les cartes de façon profondément inégale.
Je suis rouge de rage et épuisée de l’être.
Je me défoule au sport, bien sûr. Cela aide. Souvent même, cela suffit.
Mais pas toujours.
Alors, ce soir-là, en rentrant chez moi, je m’assois avec une bière.
Rien d’héroïque. Rien de dramatique. Juste une petite pause entre moi et le monde. Une béquille provisoire pour une journée qui m’a demandé plus que ce que j’avais à offrir.
Et puis la culpabilité arrive à son tour. Parce qu’elle aussi adore s’inviter partout.
Mais je la connais. Je sais qu’elle finira par passer.
Demain est un autre jour.
Demain, j’entrerai au bureau avec mon habituel :
« Bonjour tout le monde ! »
Et personne ne devinera forcément qu’hier soir j’étais en guerre contre l’univers.
Mes collègues répondront avec leur bienveillance habituelle. Chacun portant probablement ses propres batailles invisibles.
Enfin, ma chatte vient m’accueillir. Heureusement qu’elle est là.
Elle ne me demande jamais d’être performante, organisée ou optimiste. Elle réclame simplement des caresses, un peu d’attention et sa pâtée.
Sa douceur m’apaise instantanément.
Je la regarde vivre et je me dis qu’elle a peut-être tout compris. Pendant que je passe mes journées à courir après mille objectifs, elle maîtrise à la perfection l’art d’exister sans culpabilité.
Alors je la serre contre moi.
Et, pour ce soir au moins, ma colère redescend doucement.

Je suis une femme fatiguée
Il est l’heure d’aller me coucher.
Demain sera un autre jour. Un jour rempli de bonjours, de blagues, de discussions, de réflexions, de problèmes à résoudre, de projets à faire avancer, de sport, de rires et, parfois, d’un peu de noirceur.
J’essaie de vivre un jour à la fois. D’habiter l’instant présent plutôt que de me perdre dans les regrets du passé ou les inquiétudes de l’avenir. Profiter, simplement. Carpe diem, comme disaient les Anciens.
Ce n’est pas toujours facile.
J’avance pourtant, un pas après l’autre.
Pour construire toutes ces femmes à la fois: la formidable et la fatiguée, la solaire et la triste. Celle qui agit et celle qui doute, celle qui rit et celle qui pleure.
Demain matin, l’une d’elles ouvrira les yeux avant les autres. Et comme chaque jour, elles seront toutes humaines dans leurs diverses dimensions. Une femme que l’on aime, que l’on admire, qu’on envie, qu’on tolère, qu’on découvre, qu’on apprivoise, …
Une femme haute en couleurs, riche en valeurs, qui tente d’illuminer son quotidien dans une routine stable mais aventureuse, disciplinée et parfois douloureuse.
Ce soir, je suis fatiguée.
C’est la fatigue qui vient après l’effort, après les tentatives, après les échecs et les recommencements.
C’est de la bonne fatigue, importante, car c’est celle de quelqu’un qui continue d’essayer.

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